Un CoDir n’est efficace que si le dirigeant mène la danse, transmet sa vision et libère l’intelligence collective au profit de l’organisation.

Jeux de pouvoirs et intérêts personnels : les dérives du CoDir

Le comité de direction (CoDir) est cette prestigieuse assemblée de responsables, réunis de manière récurrente dans l’optique de trancher les décisions opérationnelles et stratégiques de l’entreprise. Le CoDir est l’incontournable pour tout dirigeant désireux d’utiliser l’intelligence collective au profit de l’organisation. Il est un formidable outil de pilotage, capable de donner le cap et d’insuffler une vision.
Quelquefois pourtant (trop souvent ?), le CoDir n’est que réunion sans saveur, expédiée à la va-vite au profit des urgences de gestion courante. D’autres fois encore, il se transforme en un champ de bataille entre différentes personnalités, plus enclines à défendre les intérêts de leur service que ceux de l’organisation, dans un jeu de pouvoir qui finit par freiner, voire éteindre l’intelligence collective tant attendue.
Dans ces conditions de fragilité permanente, le dirigeant doit devenir le garde-fou du CoDir. Son rôle : maintenir l’assemblée efficace dans la durée, malgré les écueils et les intérêts divergents. Voici comment faire.

La vision d’entreprise est au cœur du CoDir

Initialement pour tout CoDir, les membres se réunissent de manière enthousiaste autour de la vision et des valeurs de l’entreprise. Toutefois, celles-ci peuvent rapidement devenir confuses à mesure des prises de position stratégiques des uns et des autres, jusqu’à disparaître au profit d’intérêts plus personnels. Pourtant, ce sont elles qui garantissent l’implication saine de chacun dans un projet commun. Dans ces conditions, nous pouvons dire que le premier rôle du dirigeant est de maintenir la vision et les valeurs de l’entreprise vivantes au sein du CoDir, en les exprimant constamment, en les incarnant et en les insufflant aux différentes personnalités, comme il le fait par ailleurs lorsqu’il représente son entreprise.

Des projets pragmatiques enthousiasment les membres

Mais au-delà d’une vision et d’un « souffle » commun, pour réellement impliquer les équipes, il est primordial que les membres du comité de direction se retrouvent autour de sujets concrets et pragmatiques qui les animent au moins autant que leurs propres missions. Pour cette raison, le CoDir est l’occasion rêvée pour lancer des projets d’envergure, mobilisant tous les services de manière transverse, permettant à chaque membre d’y impliquer son équipe et de développer ses propres objectifs. In fine, le CoDir étant un outil collectif, il n’aura d’efficacité que pour la concrétisation de projets collectifs. Au dirigeant de proposer les chantiers à mener : de nouveaux produits à nouveaux marchés en passant par de nouvelles formes organisationnelles, par exemple.

L’efficacité du CoDir passe par l’ordre du jour

De longues réunions renouvelées chaque semaine éloignent les membres de la réalité du terrain tout en les isolant dans une bulle, à mille lieues des équipes opérationnelles. Pour ne pas faire sombrer le CoDir dans cette voie, le dirigeant doit proposer des ordres du jour concis, pragmatiques, relevant uniquement des compétences du CoDir. Il doit aussi formaliser les objectifs visés et le temps imparti.
Un temps de préparation étant toujours primordial pour participer à un CoDir, le dirigeant communiquera toutes les informations importantes à ses membres, en amont de la date de rendez-vous. Enfin durant l’assemblée, il animera l’ordre du jour, sachant ménager les discussions et faire avancer les débats au rythme nécessaire pour l’atteinte des objectifs.

Trouver un format qui favorise l’intelligence collective

Enfin, un CoDir efficace passe par un climat social optimal, où la parole est libre, la communication fluide et saine ; où les esprits sont encouragés à la créativité et aux associations d’idées. Pour atteindre cet idéal, un coach individuel pourra aider certains membres à se positionner au sein de l’équipe ou encore à améliorer leur communication. Par ailleurs, le CoDir pourra adopter différents formats selon les circonstances et les évolutions des membres : des rendez-vous en dehors des locaux de l’entreprise pour susciter l’enthousiasme et les échanges, des journées de team building pour encourager la prise de parole et l’esprit d’équipe… Un simple rendez-vous au restaurant avant une assemblée, par exemple, permet de détendre l’atmosphère ; de « préparer » les débats sur un ton moins formel, telle une introduction à la libération des esprits et des idées.

Vous l’avez compris, le dirigeant est le pilier du CoDir. L’efficacité de cette assemblée tient à sa détermination : détermination à impliquer ses membres, détermination à faire exister et vivre son CoDir ; détermination à mener son entreprise toujours plus haut.

Sources :